mardi 16 janvier 2018

Flipette








Hé ben ça s'arrange pas hein...
...j'avoue que je commence à avoir vraiment hâte d'arriver à la fin de "ça", histoire de trouver un bouquin plus tranquilou...genre "l'âne Trotro" ou "Chien Bleu", ce serait pas mal...
Quoi que, "Chien Bleu" ça m'avait bien fait flipper aussi en y repensant...

mercredi 10 janvier 2018

Alors que le cocktail "état grippal, manque de sommeil, trop de travail et livres audios de Stephen ing jusqu'à 1h du mat' " finira par avoir raison de moi...



Non, vraiment...écouter "ça" en travaillant, je pense que c'était vraiment pas une bonne idée...

...même si en bas nous flottons tous...

vendredi 5 janvier 2018

G G

Allez, j'en ai marre de faire des secrets, et comme je parlais récemment sur L'internet mondial de mes angoisses au travail (ici), je vais un tout petit peu lever le rideau et vous parler, ou plutôt vous montrer un extrait, de ce que quelqu'un a nommé pour moi ma "grossesse gémellaire(trop mignooonnn...!!)

Parents multiples aussi pour ces (très) faux jumeaux, de quoi rendre dingues les manifestants anti mariage pour tous, qui devraient tous deux arriver en 2018 si tout se passe bien.



...je ne le cache pas, ces deux bébés viennent réveiller toutes mes névroses de recherche rigide de perfection, luttant avec paradoxe contre mon impatience innée allant de paire avec une réticente à la rigueur et ma difficulté générale à faire quelque chose sur le long terme sans me lasser au bout de 3 jours (hou yeah)
Bref, on se refait pas et on reste dans le thème de l'Art Thérapie...! 

...pfffouuuuu...maintenant on prend une graaannnde inspiration, et on assume qu'on ne sera jamais Guarnido, alors qu'autant assumer dès maintenant et descendre un tout petit peu la barre de mes propres attentes (oui parce que mon stress vient essentiellement du fait que je me mette une pression monstrueuse, pour ne pas dire prétentieuse, et surtout complètement irréaliste, toute seule (comme une grande ! :D)

Alors si vous voulez m'aider à lutter contre mes paranoïas et mes phobies sociales, où je pense régulièrement que le monde entier veut me jeter des pierres et des petits cailloux dans les yeux, vous pouvez virtuellement (ou en vrai) venir me tenir la main comme à un enfant qui veut marcher sur un muret ou bien me laisser pleurnicher sur vos épaules en me donnant des tapes dans le dos et en me promettant que ça va bien se passer. (ah oui mais moi j'assume à fond, hein, quand je vous dis que ça me met mal ce taff, c'est pas pour rire !...Ich bin comme ça.)

Et plus sérieusement, si vous voulez qu'au lieu de raconter ma vie, je parle un peu plus de ces projets, n'hésitez pas à me demander, je me ferai un plaisir de vous répondre.  Parce que j'aime bien écrire...au cas où on ne l'ai pas remarqué.

vendredi 29 décembre 2017

ah non, mais...c'est...c'est pas possible, ça, en fait...hein...c'est...non...







Ok, on va encore me dire que je mène de drôles de batailles, ou m'envoyer des mails intitulés "Alex-Imé contre le monde" (ou "contre la censure"), mais y a des choses qui m’excèdent parfois dans la vie...

Parmi celles-ci, les enseignants, instit', documentalistes, bibliothécaires, éditeurs, et autres professionnels du livre et de la culture, qui sortent ce fameux : "ah non, mais...c'est...c'est pas possible, ça, en fait...hein...c'est...non..."

Que ce soit un style de dessin, un descriptif, un acte, une tournure de phrase, une idée..."non, ça en fait, c'est pas possible".
...non mais What the fuck, ça veut dire quoi, ça ?!?

Le monde va avancer et aller loin si chaque fois qu'on fait quelque chose qui ne se fait pas dans leurs petits esprits (/mondes) bornés, ou qui n'est pas à la mode en ce moment, ou qui n'a pas encore était inventé, on nous balance cette phrase, totalement non-négociable, qui, en plus d'être terriblement décourageante, cache tout une pensée de "je t'interdis de faire ça parce que ce n'est pas ma vision des choses." 

J'adore particulièrement cette phrase quand je viens de passer deux heures avec une classe de 6e, en essayant de garder mon optimisme de côté quand je leur demande d'écrire une histoire et que 99% de la classe propose de situer l'action "dans un supermarché / dans la classe / dans mon immeuble" et que quand je leur dessine un chat au tableau et leur demande d'ajouter une bulle pour qu'ils comprennent le sens de lecture, j'ai droit à "Béh noooOoooonnnn-hein, un chat ça paaaarle pas, hein."; quand enfin, après avoir passé masse de temps à leur expliquer que c'est une bande dessinée, que tout est possible, qu'on n'est arrêté que par son imagination (et que je me retiens de me mettre à pleurer devant eux en mode "mais merde, vous avez 12 ans, si vous avez pas d'imagination maintenant, quand est-ce que vous en aurez ?!? Comment la société a-t-elle put vous scléroser autant et si jeune ?!?") , et qu'enfin j'arrive à avoir de vagues et rares sursauts d'inspiration, de poésie, de magie, quand enfin un élève se décide à lever timidement la main pour proposer de raconter l'histoire d'un dragon sur une île imaginaire recouverte de forêts ensorcelées...et où là...on a la personne qui encadre (prof / bibliothécaire / documentaliste / éducateur /moniteur) qui se ramène en se prenant pour le messie alors que ça fait une demi-heure qu'elle a complètement décroché de l'atelier pour préférer jouer sur Candy Crush sur son téléphone au fond de la salle en me laissant gérer 35 gamins toute seule, et (hallelujah !) :
"Non mais N'IMPORTE QUOI, Maëllis, tu as déjà vu un cheval parler, toi ? Non ? Ben alors ! Tu gommes et tu recommences. Hé les enfants ! Vous êtes un peu à la ramasse vous des fois hein !"
Merci mec, tu viens de ruiner tout le travail que j'avais fait en amont et sans doute une grande partie des chances que ces enfants trouvent un jour le goût d'écrire, ou même de tester quelque chose sans flipper 1000 ans à l'avance de se planter. Bravo, c'est cool.

Bon, je vais téléphoner aux équipes de Pixar, Disney et Dreamworks, ainsi qu'à Boticelli, Raphaël, Voltaire, Lovecraft, Edgar Alan Poe, Ionesco, Dali, et à tous ces ratés à la ramasse, pour leurs expliquer qu'ils peuvent revoir la quasi-totalité de leur oeuvre parce que "ben nooOooonnnn hein, c'est pas possiiiible !"


* Pour conclure...ce dictât de la bienséance, cette pseudo bienveillance qu'on nous force à cultiver depuis quelques années, ce faux émerveillement complètement bidon qui n'existe que sur des t-shirts à message cucul la praline rehaussés de paillette, contre un réalisme plat, mou et aliénant bien réel, commence à sérieusement me sortir par les yeux (ah mais non, c'est pas possib...TA GUEULE !!)
Je ne sais pas si on se rend encore compte d'à quel point nous sommes bridés sur absolument tout dans notre quotidien, et à quel point tout est si formaté qu'on n'a même plus le recul pour se rendre compte que d'autres réalités sont possible.

En attendant, je vais essayer (même si c'est parfois dur) de cultiver mon esprit "ah ouais c'est pas possible ? Ben regarde, pourtant je suis en train de le faire (et je t'emmerde)." et de limiter les commandes "99 francs" (référence au film. Si vous ne l'avez pas vu, aller le regarder, vous comprendrez sûrement) qui à long terme pourraient faire de ma cervelle une terre totalement aride et infertile sur laquelle le ciel est bleu, les feuilles sont vertes, les animaux ne savent pas sourire, les choses sont lisses, et toute la bien-séance du monde coincée et chiante à mourir est réunie.

** Pour ceux qui auront lu le Spirou Magazine spécial Saint Valentin, ils se rendront peut-être compte que j'ai honteusement plagier un strip (de Lewis Trondheim je crois...heu...je crois...) qui était présent dedans.
Et comme on dit chez moi, "j'aime pas trop les voleurs et les fils de putes". ...monde de merde...

samedi 16 décembre 2017

A ceux qui ont été là, de près ou de loin


Encore un de ces moments surréalistes où on est bien obligé de constater qu'on n'a pas rêvé l'annonce qui nous a été faite deux jours plus tôt, en voyant tous ces visages couverts de larmes et épuisés par le stress et la tristesse.
Et cette terrible impuissance face au malheur de tous ces êtres qui ont toujours fait partis de nos vies, même de loin, qui ont toujours eu une place dans un coin de notre tête.

Accepter les émotions, chercher leurs sens profonds, les laisser nous submerger tout en se demandant ce que tout cela réveille en nous.

Et arrêter de croire que cet être à qui nous venons de dire au revoir reviendra un jour, comme après avoir pris quelques vacances à l'autre bout du monde.

Accepter la fin de quelque chose, la fin d'une attente, d'une amitié, d'une vie. Accepter tout simplement.

Ce soir j'ai une pensée pour mes amis Betty et Georges, dont l'absence reste pesante même si le temps estompe la sensation de manque.

Et je pense à Patrick, avec toute la maladresse dont je peux faire preuve dans des moments si troubles et où je suis si désorientée, à sa famille, à ses amis, à tous ces gens dont je ne saurai pas sécher le larmes.
Et à cette sensation d'injustice, d'absence, et d'impossibilité que cette situation soit une réalité.

Je pense aussi à la vie.
A ma vie, à ce que je veux en faire, et à ceux avec qui je voudrais la partager, que je les connaisse déjà ou pas encore.
A ceux que j'aimerai voir proches de moi, à ceux que je laisserai partir et à ceux pour qui je me contenterai d'une pensée bienveillante et d'un souvenir de temps à autre avec la satisfaction de savoir qu'ils sont en vie -ou non, et en espérant que si tel est le cas, celle-ci leur soit douce.

En gardant avant tout en tête le bonheur de les avoir côtoyé, que ce soit pendant un instant ou durant des années entières et d'avoir vécu un moment agréable avec eux, quelque soit l'état de la relation aujourd'hui. Savoir que tout ceci a existé, même pour une seconde.

Adieu, mes amis.
Nos routes se séparent à jamais, sans aucune autre issue ou négociation possible, ne laissant aucune place au doute des retrouvailles éventuelles.
Merci d'avoir fait parti de près ou de loin de ma vie, et d'avoir d'une façon ou d'une autre, influencé celle que je suis et celle que je deviendrai.

Aussi impuissante que je sois à soigner les souffrances d'Autrui, à tout ceux qui se reconnaitront dans ce message, et à tous ceux qui auront été touché de près ou de loin par ce que je viens d'écrire et qui vivent peut-être une situation similaire au moment où ils me lisent, je vous souhaite beaucoup de courage, de force, et l'avenir le plus agréable et radieux possible.

Avec toute ma maladresse, je vous envoie tout mon amour dans ce moment d'errance vertigineuse.


mardi 14 novembre 2017

Réflexion sur la vie, la bande dessinée, et tout le reste. OU la métaphore du roseau


Alors que depuis quelques mois, au moment même où je réfléchissais sérieusement à arrêter tout simplement de dessiner, puis, plus récemment, à arrêter de chercher à faire de la bande dessinée (oui, dans cet ordre. J'avais remis le pied à l'étrier pour la partie dessin au commencement de ce blog), ma vie professionnelle dans cet univers s'est mise à se dessiner de mieux en mieux et de plus en plus vite, de façon relativement soudaine et surtout très inattendue.
Je crois voir alors des rouages se mettre en route, il est possible que je regarde la machine s'emballer sans bien comprendre ce qui est en train d'arriver, je me questionne sur cet avenir incertain, sur la vie en général, sur ce que je veux faire de la mienne, et par la même occasion, reçois des conseils de toutes part -bienveillants ou non, demandés ou non, reçus de la part d'amis...ou non- qui me poussent à m'arrêter une seconde, à défaut de pouvoir arrêter le temps, pour faire un point rapide sur tout cela.

C'est un moment un peu bizarre que je traverse là tout de suite. Un peu dans la quête (encore) de soi, l'errance, partagée de stress, à ne pas trop savoir qui suis-je, ou vais-je et à me sentir mal par rapport à ce "travail-passion" et ce que les gens veulent qu'on en fasse, au statut qu'ils attendent que l'on tienne; cette façon d'être, en mode hyper carré, et, plus qu'hyper investi, hyper consacré à ce métier.
Et tout cela pour des raisons diverses et variées selon les personnes, des raisons qui appartiennent à chacun, mais bien souvent (sans doute trop souvent) guidées par la peur; essentiellement la peur du manque d'argent, qui régit tout, et je ne peux que me dire de prendre mes distances avec ces discours, et d'en rester ensuite éloignée, afin de ne pas être contaminée par cette fièvre d'angoisse et de terreur, qui amène à revoir toute ambition à la baisse, qu'elle soit dans le bonheur qu'on attend de la vie, du plaisir, des risques qu'on prend, et tout simplement de tout son confort (je parle du confort intérieur, celui de se sentir bien dans sa tête, en accord et en phase avec ses choix et sa vie, pas celui qui veut qu'on s'achète une télé à 800 balles avec un iPhone dans une main, une tablette dans l'autre, le tout installé dans son tout nouveau salon Ikea), de près ou de loin.

Cette peur, camouflée, grimée sous le masque de la Raison, qui corrompt et efface tous les rêves, pour aller se terrer dans la sécurité molle et bornée, complétement enclavée.
Travailler plus pour prétendre à une ébauche de salaire décent et s'auto-rendre rentable. Accepter n'importe quelle condition et n'importe quel travail, qu'il nous plaise ou non, pour viser le projet suivant, pour se faire un nom, pour se faire une place. Et une fois de plus, où est le bonheur, l'envie dans tout cela ? A s'habituer à faire des choses sans conviction juste pour avoir la sensation de gravir les échelons, sans même se rendre compte que chaque nouvelle marche, chaque nouveau choix, nous enferme dans une image toujours plus loin ou en parallèle avec notre but premier. Mais il n'y a plus le recul nécessaire pour s'en saisir et on continuera d'enchainer les projets qui nous déplaisent pour viser demain, tout en oubliant aujourd'hui. 

Où est la vraie réussite là dedans ? Celle du cœur, celle de l'âme, celle de faire les choses par envie, et de choisir avec ses tripes.

J'ai tant l'impression d'avoir sacrifié près de dix ans de ma vie, si ce n'est plus, tout cela à la suite, pour la Raison, tout cela pour constater que personne ne me donnera une médaille pour bonne conduite.
Et je m'aperçois que la vie commence à me sourire et surtout à me plaire, seulement depuis que je fais les choses en priorité avec passion.
Quelle terrible injustice, peut-t-on se dire, que celle qui récompense les insouciants et punit les gens sérieux, ceux qui bossent dur dans des métiers ou des voies qu'ils détestent et se sacrifient chaque jour. Ceux qui sont fiers de dire, d'affirmer que leur vie est plus dure et plus pleine de labeur que leur voisin. Ceux qu'on entend parler comme si chaque jour ils allaient à la mine. Ceux qui pour la plupart sont en réalité surtout les plus inquiets, ceux qui attendent qu'on les honore et qu'on les félicite un jour pour avoir eu la vie la plus droite, rigide, dure et puritaine possible.
Droite, selon les critère que l'état ou que la société leur ont imposé, non pas pour leur bien, mais pour tenir à leurs façons tout un peuple sous son joug.
La droiture de l'âme, celle qui pousse à faire ce qu'on croit juste, elle, devra repasser la plupart du temps, car bien souvent, elle va elle-même à l'encontre de cette peur panique qui pousse l'Homme à se rendre transparent et docile comme un enfant qui aurait peur de se faire taper sur les doigts au moindre faux-pas.

La métaphore du roseau me vient en tête.

Il y a environ un an et demi, alors que toutes mes routines et évidences de vie étaient en train d'éclater dans tous les sens et que je demandais à un ami plus âgé, qui avait donc selon moi sans doute plus d'expérience des transitions de vie compliquées et plus d'astuces pour s'en sortir que moi, des conseils sur le comportement à adopter pour passer cette crise existentielle et cet état mêlé de colère, de démotivation globale et profonde et de nihilisme, il m'a conseillé de "courber l'échine et attendre que ça passe, en limitant la casse".

J'ai appliqué cette méthode environ une heure et demi avant de me rendre compte que même si je voulais le faire, je n'y arriverai pas.
Sans doute parce que même avec la meilleure volonté du monde, je n'ai jamais sût me forcer à faire une chose dans laquelle je ne croyais pas un minimum (ce qui a l'art de vous rendre la vie et la quotidien assez compliqué, croyez-moi, mais qui vous oblige à souvent vous remettre sur les rails de votre propre conscience...c'est sans doute un mal pour un bien. Mais j'y reviendrai).
J'ai donc écouté mon fort intérieur, sentant que si je ne cherchais pas rapidement à comprendre et à suivre mes émotions, elles me feraient littéralement imploser un jour prochain, laissant des morceaux de moi un peu partout, à ramasser à la petite cuillère, histoire de bien me mettre face à mes réalités, que je cherche à faire l'autruche ou non.
Même si ce baptême du feu, ce Maraké comme j'aime à l'appeler, s'est parfois fait dans une violence terrible, alternant terreur, errance, solitude, incompréhension, tristesse...et encore et toujours une errance et un vide intérieur absolument terrible, où presque à chaque fois que le bout du tunnel commençait à apparaître, un nouveau chaos intérieur, sans doute présent depuis bien longtemps mais dissimulé profondément, venait se dévoiler, je ne regrette pas d'avoir fait ce chemin.
Bien souvent j'ai eu envie d'abandonner cette marche dans le brouillard, pour revenir à cette ancienne vie plus monotone mais plus rassurante à sa manière, où plutôt, plus tracée, sans surprise et pleine de certitudes et d'affirmations sur la vie, de ces dogmes qui rassurent où on pense avoir tout compris sur tout ("et que ce qui ne font pas comme nous c'est des cons"), mais même en me mettant des œillères sur les constats que j'avais fait, et même en prenant sur moi, tous les piliers qui constituaient ma vie avaient été déplacés, rendant tout retour en arrière impossible, et me laissant coincée dans un présent peu sympathique, ne me laissant entrevoir aucune évidence sur mon futur qui était devenu totalement inconnu.

Avec du recul, et maintenant que la brume se dissipe en partie, et que certaines nouvelles bases sont apparues, je ne peux que me réjouir de cet impossible retour en arrière, de ce seul choix possible d'avancer, qui force à affronter tous ses démons un par un.
Le chemin a été long, et sera sans doute encore semé de bien des embuches. Je commence à accepter que la progression et l'apprentissage ne se terminent que lorsqu'on est mort, ou qu'on cesse d'être prêt à vivre.
Première étape vers une fin de boulimie générale j'imagine, celle où on se goinfre pour être débarrassé et tranquille après.

Par constat, en faisant un bilan sur ces expériences aussi intenses qu'inconfortables, je ne peux que me dire, me rappeler, me répéter, que la peur n'évite pas le danger et que, comme quelqu'un m'a dit il y a peu : "on a toujours deux choix. La peur, ou l'amour" (l'amour correspondant ici à une sorte d'instinct profond et positif, une sorte de sixième sens qui nous guide. Appelez ça la foi si vous voulez, cette confiance et certitude dans l'idée d'une bonne étoile qui vous poussera à faire le bon choix...en gros).
La peur étant bien souvent beaucoup plus irrationnelle que ce qu'on ne veut bien croire, s'accrochant à des idées et des fantasmes de futurs que nous souhaitons imaginer tout en nous persuadant que nous avons la capacité deviner "ce qui adviendra si...", je vois de moins en moins pourquoi j'irai la suivre.

Alors comme nous allons tous mourir, et si le monde est destiné à exploser demain, déchiré par les puissants qui sont eux-mêmes gouvernés par l'argent, l'égo, et sans doute tout un tas de valeur assez crasseuses, autant consacrer le reste de nos vies à passer les moments, peut-être pas les plus agréables possibles, mais les plus authentiques possible, à suivre ce qui vibre au plus profond de nous, à avancer vers ce qui nous fait grandir et nous rend heureux, et à faire des choses que nous aimons faire (tant qu'on ne fait de mal à personne, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, j'insiste là dessus).

Personnellement j'ai trouvé, au moins en partie, les réponses à mes questions personnelles et aux orientations que je préférerais prendre et qui guideront mes choix. Pour là tout de suite, en tout cas. J'aurai peut-être changé d'avis d'ici demain car tout est impermanent.
Mais là, immédiatement, tout de suite, je me sens plus en phase avec moi-même. Et ça, pour conclure avec ma classe légendaire, je pense que c'est cool.



NB : aujourd'hui j'ai passé une chouette journée avec un être qui m'est très cher et qui a eu l'idée formidable de m'offrir des peintures aux couleurs somptueuses. Je pense que ce moment et les discussions qui ont eu lieu ce jour avec cette personne m'ont aidé à sortir ce magma qui mijotait à l'intérieur de moi depuis le festival bd de Saint Malo (et peut-être aussi depuis bien plus longtemps) et à le transformer en quelque chose d'uuunnn peu plus intelligible et digéré.
Et ça aussi c'est cool.
Et je ne peux que me dire ce soir, avec toute la guimauve dégoulinante de bon sentiment qui va avec, mais c'est pas grave, que j'ai une chance incroyable de connaître et d'avoir rencontré tout un tas de personnes fantastiques et "de belles âmes".
La beauté des rapports humains, quand ils sont sincères et remplis de bienveillance m'impressionne.

*

Aujourd'hui, ça fait neuf ans que mon grand père qui m'a appris à dessiner est mort.
Et dans un moment un peu bizarre et un peu sonné, l'esprit soudain brumeux, je ne peux que constater à quel point le temps passe vite et de façon disharmonieuse. Sans vraiment savoir quelle leçon je suis censée en tirer. Si ce n'est que la vie n'est ni faite pour être juste, ni faite pour être belle.
Alors qu'autant faire notre possible pour nous la rendre plus agréable les uns aux autres.